Affaire Griveaux: Piotr Pavlenski placé en garde à vue pour
"violences volontaires avec arme"


L'artiste russe assure être à l'origine de la publication de vidéos intimes implicant l'ex-candidat à la mairie de Paris Benjamin Griveaux

Publié le 15/02/2020

L'artiste russe Piotr Pavlenski a été interpellé et placé en garde à vue ce samedi après-midi à Paris. Il assure être à l'origine de la publication de vidéos à caractère sexuel impliquant Benjamin Griveaux. 

Piotr Pavlenski a été arrêté et placé en garde à vue ce samedi après-midi, selon le parquet de Paris. L'artiste russe assure être à l'origine de la publication de vidéos intimes impliquant l'ex-candidat à la mairie de Paris Benjamin Griveaux. Il aurait obtenu ces documents "d'une 'source' qui avait une relation consentie avec Benjamin Griveaux", selon Libération.

Ce réfugié politique en France était visé depuis plusieurs semaines par une enquête ouverte pour "violences volontaires avec arme" : il a été arrêté et placé en garde à vue dans le cadre de cette procédure, a ajouté le parquet. Piotr Pavlenski était recherché par la police depuis le 2 janvier dernier. Cette enquête est sans lien avec la vidéo au cur du scandale ayant provoqué le retrait, vendredi, de Benjamin Griveaux de la course à la mairie de Paris. 

Une rixe dans un appartement du 6e arrondissement

M. Pavlenski est mis en cause pour avoir participé à une rixe dans la soirée du 31 décembre dans un appartement du 6e arrondissement. Selon le récit d'un participant à l'AFP, une dispute aurait éclaté entre plusieurs personnes et l'artiste russe controversé, qui se serait saisi d'un couteau dans la cuisine. Deux des invités ont été blessés avec ce couteau, a rapporté Médiapart, qui avait révélé l'existence de cette enquête. "Une bouteille a été cassée sur le crâne" de M. Pavlenski lors de cette rixe et il était dans un "sale état", a rapporté une autre source contactée par l'AFP.  

L'avocat et essayiste Juan Branco, qui dit avoir "conseillé" M. Pavlenski sur les vidéos à l'origine du retrait de M. Griveaux, était également présent à cette soirée de réveillon. Vendredi, l'artiste russe avait justifié la diffusion des vidéos attribuées à M. Griveaux en arguant qu'elles démontreraient "l"hypocrisie" de l'ex-candidat LREM à la mairie, celui-ci ayant fait campagne en mettant en avant "les valeurs familiales traditionnelles". 

Le retrait de M.Griveaux a provoqué une onde de choc politique et contraint désormais le parti présidentiel à lui trouver dans l'urgence un successeur pour briguer la mairie de Paris aux municipales de mars.  

Trouver un nouveau candidat

"Ce qui s'est passé hier (vendredi, ndlr), c'est évidemment une déflagration dans notre campagne, une déflagration pour notre démocratie", a déclaré Stanislas Guerini, le délégué général d'En marche, à son arrivée au siège du parti. LREM était déjà en perte de vitesse dans les sondages face à la maire socialiste Anne Hidalgo et la candidate LR Rachida Dati. 

Benjamin Griveaux avait annoncé à l'AFP et à BFM Paris qu'il jetait l'éponge après la diffusion de vidéos sur les réseaux sociaux montrant un homme se masturbant et que le diffuseur lui a attribuées.  

Les réunions au siège de LREM visent à trouver un nouveau chef de campagne "rapidement et collectivement", a déclaré Stanislas Guerini. Le parti a pour objectif de trouver un nouveau candidat d'ici lundi, alors qu'approche la date limite du 27 février pour le dépôt des listes. 

Débat sur la protection de la vie privée

Benjamin Griveaux restera comme le premier homme politique français à tomber pour une "sex tape", déclenchant un vif débat sur la protection de la vie privée. Aux Etats-Unis ou au Royaume-Uni, des ministres ou des candidats y ont déjà été contraints.

Depuis 2016 et l'adoption de la loi "pour une République numérique", la diffusion de "revenge porn" ou "vengeance pornographique" est passible de deux ans d'emprisonnement et 60.000 euros d'amende en France.  

La classe politique condamne la diffusion de cette vidéo

De LFI au RN, les principaux responsables politiques ont condamné, quasiment unanimement, la diffusion de cette vidéo intime, y voyant une "menace contre la démocratie", et les membres du gouvernement ont serré les rangs derrière l'ex-candidat. 

L'ex-porte-parole du gouvernement a indiqué à l'AFP avoir eu le soutien d'Emmanuel Macron qui l'a invité à protéger les siens. 
Emmanuel Macron n'a fait aucun commentaire direct. Interrogé samedi à Munich sur les risques de manipulations lors de la prochaine présidentielle, le chef de l'Etat a déploré que "des acteurs privés utilisent des technologies de 'deep fake', manipulent, pénètrent, diffusent de l'information à très grande vitesse de toutes natures, sans traçabilité, dans des systèmes démocratiques hypermédiatisés où tout se sait tout de suite, avec un effet d'émotion et d'intimidation".

Source : 'L'Obs'

Notre site